Winshluss, un nom qui glisse, une expo qui grince

Il était une fois « Un monde merveilleux », dans la galerie des jouets, une affiche aux couleurs acidulées et le doux son d’une boîte à musique qui se laisse entendre dès l’entrée de l’exposition…

Mais, une fois poussée, la porte d’entrée révèle une pièce bien sombre dans laquelle prend place un monde tendrement cynique peuplé de jouets gentiment inquiétants. Le vernis acidulé craque et la petite musique devient entêtante voire flippante…

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Winshluss, plasticien décalé et auteur de BD indépendante, fait rêver les amoureux d’oxymores en nous présentant un travail hétéroclite et plein de contradictions. Jouets, posters, revues, dessins animés, sculptures, planches et dessins originaux… l’artiste est assez peu attaché à la forme qui n’est pour lui qu’un moyen de raconter quelque chose. Ainsi, il passe de la sculpture au dessin ou à l’animation avec génie et talent.

En réalisant spécialement pour l’exposition 4 univers liés à la guerre, aux contes, aux animaux et à la société de consommation, il nous présente son monde ultra-coloré mais néanmoins constamment empreint d’un certain humour noir. Winshluss ravive nos rêves d’enfants tout en y apportant un regard critique et corrosif. Derrière la douceur de ses traits, le gentil masque de tigre ou le plastique parfaitement lisse de ses sculptures, on retrouve un regard abrupt et acéré dénonçant la société dans laquelle on vit. Mais Winshluss ne se veut pas donneur de leçons pour autant. Il ne cherche qu’à montrer du doigt en éclatant le cocon de l’enfance pour révéler une face cachée, plus sombre. La douceur acide de l’enfance prend alors un arrière-goût amer, celui de l’innocence déchue. Et, pour mieux nous faire avaler la pilule, il ajoute toujours une bonne dose de second degré. Ainsi, avec Une histoire et au dodo, par exemple, il nous propose une relecture des contes de Perrault, Andersen ou des frères Grimm. Chacune des histoires qu’il reprend est conçu comme un théâtre de papier politiquement incorrect : la petite sirène vit au milieu d’un tas de détritus sous-marins tandis que le petit chaperon rouge fait la peau au loup à la tronçonneuse ! Le regard caustique de Winschluss vient alors corroder les versions édulcorées proposées par Disney pour revenir au principe originel du conte qui aide l’enfant à comprendre le monde adulte. Avec son « Supermarché Ferraille » ou son dessin animé « Il était une fois l’huile », l’artiste caricature avec finesse la société de consommation et dénonce l’absurdité du monde dans lequel on vit. Sur les rayonnages, du foie gras de chômeur élevé en HLM, des boîtes de miettes de dauphin, des raviolis au cyanure, de la raclette déjà fondue, des saucisses de hamster… et la devise « consommer, c’est rêver ».

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Malgré la vision incisive de l’artiste luttant contre le prêt-à-penser, la part de rêve ne reste pas marginale dans son oeuvre. Winshluss nous invite à retomber en enfance avec le recul critique nécessaire pour pouvoir réfléchir et découvrir un travail rempli d’humour, de talent et d’intelligence.

Une exposition et un artiste à découvrir ABSOLUMENT !

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17 avril – 10 novembre 2013

Galerie des jouets – Arts Décoratifs, Paris.

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