Relectures

Dans la vie, il existe des petits questionnements accessoirement utiles, fondamentalement futiles que vous traînez derrière vous comme des petites casseroles.

Bon, moi je ne suis pas forcément bonne cuisinière, mais il se trouve que j’ai une collec’ de casseroles à faire pâlir un lavabo. Parmi les pièces que j’astique souvent: « Comment ranger sa bibliothèque ? ». Par auteur, collection, genre, couleur du dos, taille, qualité… Chaque fois que je glisse un nouveau livre dans ma bibliothèque, j’ai envie de tout réagencer autour… Pas simple, alors j’y pense et puis j’oublie… Je déplace, replace, remplace, soupire et puis abandonne en imaginant que la nuit tombée, une fois mes yeux bien fermés, ma bibliothèque devient un joyeux bordel, un lieu de rencontres aussi fortuites qu’improbables. Lolita fait alors du gringue à Mr. Rochester, Adrian Tomine parle technique avec Rothko, Lily Love Peacock vient en aide aux rescapés de Malevil tandis que les Moomins, en vacances à Manabé Shima, relisent Marguerite Duras et les maximonstres… Bref, vous l’aurez compris, ma bibliothèque, c’est la porte ouverte à n’importe quoi. Littérature jeunesse, BD, romans, essais, monographies… se côtoient, se font face, fricotent ou se tournent le dos. Rien n’est étiqueté, classé ou catégorisé, ce qui permet de faire des rapprochements originaux, des parallèles improbables.

Etre médiateur culturel, c’est un peu être une bibliothèque non organisée. C’est faire appel à des références populaires ou spécialisées par rapport à un artiste, une thématique, c’est croiser les regards et multiplier les points de vue, c’est faire en sorte que chacun puisse s’approprier l’oeuvre. Aussi, en 2011, alors que je suis médiatrice pour Monumenta dans la Nef du Grand Palais, j’invite un petit lot d’amis talentueux. En échange d’une médiation autour et à l’intérieur du Léviathan d’Anish Kapoor, je leur demande une restitution de l’oeuvre. Certains se sont prêtés au jeu en illustrant leur regard sur l’oeuvre. Les techniques sont différentes, les points de vue aussi et ça donne de chouettes mises en abîme artistiques.

Voyez plutôt…

 

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Tim

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Florent Chavouet

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Arthur de Pins

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Manox

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Adepte des événements tel que Murakami à Versailles, j’aime les regards kaléidoscopiques, les rencontres d’univers différents et les réinterprétations. J’aime quand ça s’entrechoque, que ça s’imbrique, que ça se pénètre. Si l’artiste est souvent le plus mal placé pour parler de son travail, pourquoi ne pas laisser les autres s’exprimer à sa place.

Tous ces petits métissages peuvent donner lieu à de magnifiques relectures comme lorsque Clément Oubrerie illustre la vie de Pablo Picasso dans la BD Pablo (le tome 3 vient de sortir !). Pour nous plonger dans le Montmartre de l’époque, peuplé d’artistes, Oubrerie varie les matériaux et, le rendu tremblé et chaud créé une atmosphère captivante. Une jolie façon d’apprendre beaucoup sur une époque et un milieu.

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Vincent Caut illustre également à merveille l’univers de Picasso sur son blog:

http://www.vincentcaut.com/2013/05/7-mai-2013.html

Et allez, pour la route, un autre très bel exemple de relecture: Jane, le renard et moi, écrit par Fanny Britt et illustré par Isabelle Arsenault. Une histoire et un trait touchants qui font le portrait d’Hélène, petite fille timide qui puise dans l’univers de Jane Eyre, premier roman de Charlotte Brontë, une pincée d’espoir qui vient colorer sa vie morose.

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Bonnes relectures !

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